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    Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

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    ElIndio

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    Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  ElIndio on Sat May 31, 2008 6:12 pm

    Article du GLAT repris de La Bataille Socialiste

    Analysant les schémas de la reproduction élargie retrouvés dans les brouillons du Livre II du « Capital » Rosa Luxemburg croit y découvrir une contradiction insurmountable (1). Les schémas montrent bien comment la reproduction peut matériellement s’opérer sur une base de plus en plus large, à mesure que toute la plus-value qui n’est pas consommée par les capitalistes est accumulée. Mais, d’après Luxemburg, ils ne permettraient pas de comprendre comment cette accumulation peut avoir lieu.

    En effet, pour que la plus-value puisse être accumulée, il faut que les marchandises qui le contiennent aient été vendues; or, si l’on voit bien quels seront les acheteurs pour la partie de la production qui correspond à la consommation des travailleurs et des capitalistes, et pour celle qui correspond au remplacement du capital constant usé au cours de la période envisagée, il n’en est pas de même pour les nouveaux moyens de production, destinés à l’accumulation. Ceux-ci ne peuvent être achetés que par les capitalistes ; mais pourquoi ces derniers souhaiteraient-ils les acquérir ?

    Par définition, ces moyens de production ne peuvent servir qu’à augmenter la production : ils ne seront donc achetés que s’il existe une demande capable d’absorber cette production accrue, et ainsi de suite a l’infini. Comme il est exclu que le capitalisme produise davantage uniquement pour pouvoir augmenter encore la production, il faut trouver des acheteurs autres que les capitalistes et les prolétaires, seuls classes considérées dans « Le Capital ». Ces acheteurs, le capitalisme les trouve dans les secteurs pré-capitalistes de l’économie mondiale, ainsi bien dans les pays avancés (paysannerie) que dans les pays arriérés où le mode de production dominant n’est pas capitaliste. Ce sont les possibilités d’expansion vers les secteurs pré-capitalistes qui déterminent le rythme de l’accumulation du capital ; mais comme l’expansion du capitalisme a pour effet de détruire l’économie pré-capitaliste, il s’en suit que les jours du capitalisme sont comptés : lorsqu’il aura fini d’absorber l’ensemble de la planète, il ne pourra pas poursuivre l’accumulation.

    Il a été démontré depuis belle lurette que le « problème » auquel Luxemburg s’attaquait n’existait que dans son imagination (2). On peut ajouter que si un tel problème se posait réellement, la « solution » proposée serait parfaitement impuissante à le résoudre ou même à l’atténuer.

    Sur le premier point, il n’est pas besoin d’ajouter de longs développements à ce qui a été dit plus haut sur les motifs de l’accumulation. Ce qui pousse les capitalistes dans cette voie, c’est tout simplement le besoin qu’ils éprouvent de maintenir, voire d’augmenter, leurs profits. Qu’il en résulte ou non un surcroît de production, et à plus forte raison un surcroît de consommation, voilà qui est le cadet de leurs soucis.

    Il est bien vrai que le profit ne sera réalisé que si la production additionnelle peut être vendue ; mais c’est précisément le fait même de l’accumulation qui crée le marché où cette production sera écoulée. C’est cela qu’illustrent les schémas de la reproduction élargie. Et c’est cela aussi qui justifie la caractéristique fondamentale de ces schémas, que Luxemburg trouvait absolument incompréhensible : le fait que dans tous les cas l’impulsion décisive vient, non pas du Département II (production de biens de consommation) mais du Département I (production de moyens de production) (3).

    En réalité, ce qui est difficile à comprendre, c’est que quelqu’un qui se réclame du marxisme le plus littéral puisse avoir la moindre hésitation à admettre que la production, en régime capitaliste, n’a pas pour but de satisfaire des besoins, quels qu’ils soient et quels que soient ceux qui les éprouvent : son objet n’est et ne peut être que le maintien de la domination du travail mort sur le travail vivant, dont l’accumulation constitue la condition indispensable.

    Mais allons plus loin, et supposons qu’une partie de la production soit effectivement invendable dans les limites de la société capitaliste : le recours à des acheteurs non-capitalistes permettrait-il de sortir le capitalisme de cette impasse ? La question qui vient immédiatement à l’esprit – et que Luxemburg se garde bien d’aborder – est celle-ci : d’où diable ces acheteurs tirent-ils leur pouvoir d’achat ?

    Apparemment, nous n’avons affaire ni à des capitalistes, ni à des prolétaires. Il s’agit donc, soit de petits producteurs marchands (paysans), soit d’exploiteurs de type pré-capitaliste, des féodaux par exemple. La caractéristique fondamentale de tous ces gens, c’est justement de ne pas pouvoir se présenter en tant que tels comme acheteurs sur un marché capitaliste, faute de disposer du seul moyen de paiement qu’on y accepte : la monnaie capitaliste.

    Cette monnaie, ils ne peuvent se la procurer que par un échange préalable, où ils apparaissent non comme acheteurs, mais comme vendeurs. Le paysan africain, pour pouvoir s’acheter une chemise fabriquée à Manchester, doit commencer par vendre des arachides à un capitaliste fabricant d’huile. Le potentat féodal, auquel ses loyaux sujets versent une rente en céréales, doit les vendre sur le marché mondial avant de pouvoir acheter une Rolls.

    En d’autres termes, la vente de marchandises aux secteurs pré-capitalistes a pour contre partie obligée un achat de même montant, et à la suite de cet échange la réalisation de la plus-value n’a pas avancé d’un pas : le montant total des marchandises à écouler sur le marché capitaliste est rigoureusement le même qu’avant l’intervention du féodal et de sa mouvance (même si la composition de ces marchandises a changé).

    Que l’on ne vienne pas objecter que certains exploiteurs pré-capitalistes bénéficient d’un surproduit en or : outre que de tels cas ne sont pas très fréquents, ils ne changent rien à l’affaire, car l’or entassé dans les coffres d’un maharadjah n’a pas du tout le même caractère que celui qui se trouve dans les caves de la Banque de France. Le second est un élément de la monnaie capitaliste, le premier est une marchandise qui ne se distingue pas fondamentalement du caoutchouc ou du copra. Pour changer de rôle, l’or du maharadjah doit se négocier sur le marché capitaliste, et nous sommes ramenés au problème précédent.

    A plus forte raison y sommes-nous ramenés si l’on suppose que les fameux pré-capitalistes perçoivent une rente versée par le secteur capitaliste lui-même. Dans ces cas, il y a tout simplement détournement de la plus-value vers des utilisations improductives, question que nous avons déjà examinée et qui n’offre évidemment pas d’issue au problème de l’accumulation (4).

    De quelque côté que l’on se tourne, on constate que le capitalisme ne peut pas sortir de lui-même pour trouver “à l’extérieur” la solution de ses problèmes. L’idée même d’une vente de marchandises à des acheteurs pré-capitalistes est un non-sens : pour pouvoir fonctionner en tant qu’acheteurs, il est nécessaire qu’ils participent dans les deux sens aux transactions capitalistes, et de ce fait ils ont cessé d’être pré-capitalistes au sens plein du terme; ils sont devenus partie intégrante de la sphère de la circulation capitaliste (5).

    Ce qui, par contre, est possible vis-à-vis de populations pré-capitalistes, c’est de leur prendre par la violence les ressources dont elles disposent, de les soumettre au travail forcé etc. Dans ce cas, on n’a pas réalisé de plus-value, mais on s’est assuré un surproduit supplémentaire. Par le pillage des colonies, le capitalisme s’est indéniablement assuré une élévation du taux de profit, qui n’a pas manqué de se traduire par un renforcement de l’accumulation (sur place, et aussi dans les métropoles). C’est cette circonstance historique qui explique — sans la justifier — l’erreur d’analyse de Rosa Luxemburg (6).

    En outre, si le commerce extérieur ne peut créer de débouchés pour l’ensemble du capital mondial, il en crée bel et bien pour certains capitaux au détriment des autres. Cette possibilité acquiert une importance particulière lors qu’une crise naissant du système de production se présente sous les espèces trompeuses de “difficultés de réalisation”. Les rivalités inter-impérialistes sont alors exacerbées par l’acharnement de chaque capitalisme national à rejeter le problème sur les autres.

    Cette tendance, qui n’avait pas peu contribué à orienter le capitalisme vers la guerre mondiale, reparaît aujourd’hui, provoquant la résurgence des fausses analyses qu’elle avait autrefois engendrées. Mais ce qui était faux en 1913 est tout aussi faux aujourd’hui, et doublement incapable de nous éclairer sur le destin du capitalisme.

    http://bataillesocialiste.wordpress.com/2008/05/25/le-luxemburgisme-fausse-solution-d%e2%80%99un-faux-probleme-glat-1975/

    mondialiste

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  mondialiste on Sun Jun 01, 2008 1:56 am

    Je suis assez d'accord avec cet analyse mais pour être "luxemburgiste" est-il obligatoire d'accepter sa théorie d'accumulation?
    En tout cas, voici une lettre publiée en 1982 dans "Internationalisme", journal de la section belge du CCI, (elle existe également en flamand, mais où la poster!):

    "Selon vos propres dires, toute votre analyse aussi bien politique qu'économique est basée sur la théorie de Rosa Luxemburg selon laquelle le capitalisme devrait tôt ou tard s'effondrer à cause d'une insuffisance de marchés extérieurs. Pour vous, cet effondrement a commencé avec la première guerre mondiale, changeant profondément par rapport à l'époque de Marx les conditions dans lesquelles la classe des travailleurs lutte. Mais la théorie de Luxemburg est totalement fausse. Elle croyait avoir découvert une erreur dans l'analyse de Marx mais c'était elle qui se trompait, comme cela a d'ailleurs été signalé à l'époque non seulement par des réformistes comme Bauer mais également par des gens comme Lénine et Pannekoek. En effet, Luxemburg prétendait que Marx avait ignoré le problème de savoir qui achèterait la partie de la plus-value utilisée pour élargir la production. Pour elle le capitalisme souffrait d'une insuffisance chronique du pouvoir d'achat et pouvait donc survivre seulement en trouvant des marchés extracapitalistes. Elle s'est placée donc dans la tradition "sous consommationniste" (Sismondi, Lassalle etc,) que Marx a toujours combattue. Marx a clairement montré que le capitalisme pouvait fonctionner comme un système ferme (c'est-à-dire sans besoin vital de trouver des marchés extérieurs) et ne s'effondrait jamais de lui-même; le capitalisme continuerait de crise en crise jusqu'au moment où les travailleurs s’organiseraient consciemment pour y mettre fin par un acte politique."

    Atreides

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  Atreides on Sun Jun 01, 2008 1:16 pm

    Le terme "luxemburgisme" a connu bien des aventures...
    Au début, du vivant de Luxemburg, le terme était utilisé entre militants socialistes polonais : d'un côtés les "nationalistes" du PPS, de l'autre les "luxemburgistes" du SDKPIL - ces derniers ne militant pas pour l'indépendance de la Pologne.

    Plus tard on a eu le "luxemburgisme" considéré strictement d'un point de vue économique, pour désigner uniquement les tenants de sa position sur l'accumulation du capital.

    Pour notre part le terme renvoie plutôt à ses analyses politiques, plus généralement à sa vision du du marxisme, de la révolution socialiste - vision qui nous semble la plus proche de celle de Marx. C'était déjà le cas d'Alain Guillerm quand il avait écrit "Le luxembourgisme aujourd'hui" en 1970.

    A mon avis pour un "luxemburgiste", tout doit être examiné avec esprit critique - y compris les textes économiques de Rosa Luxemburg.

    ElIndio

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  ElIndio on Tue Jun 03, 2008 2:09 am

    Tout à fait d'accord avec Astreides. Je pense que pour un groupe politique "luxemburgiste" le but est de reprendre le flambeau de RL (pour moi la meilleure expression de la Ligue Spartakus en Allemagne et du Marxisme depuis Marx) pour ajouter d'autres analyses révolutionnaires passées et les nôtres aujourd'hui. L'analyse de l'Histoire nous aidera à rester critiques.
    Ensuite, les théories économiques peuvent être divergentes tout en restant en accord avec les points de vue politiques.

    Mais pour revenir à la théorie de RL :

    Selon vos propres dires, toute votre analyse aussi bien politique qu'économique est basée sur la théorie de Rosa Luxemburg selon laquelle le capitalisme devrait tôt ou tard s'effondrer à cause d'une insuffisance de marchés extérieurs
    J'ai découvert RL avec le CCI mais il n'est pas du tout Luxemburgiste, du point politiquement. Ils sont beaucoup trop influencés par la gauche bordiguiste (à ce sujet voici un débat en anglais sur le forum : What is Luxemburgism?).

    Marx a clairement montré que le capitalisme pouvait fonctionner comme un système ferme
    Peux-tu élaborer? J'ai un peu de mal à comprendre les critiques de la théorie de RL... No

    Il est bien vrai que le profit ne sera réalisé que si la production additionnelle peut être vendue ; mais c’est précisément le fait même de l’accumulation qui crée le marché où cette production sera écoulée. C’est cela qu’illustrent les schémas de la reproduction élargie. Et c’est cela aussi qui justifie la caractéristique fondamentale de ces schémas, que Luxemburg trouvait absolument incompréhensible : le fait que dans tous les cas l’impulsion décisive vient, non pas du Département II (production de biens de consommation) mais du Département I (production de moyens de production).
    Je suis justement en train de lire l'explication que donne Rosa sur ces Départements dans L'Accumulation du Capital.

    Par contre, ça m'étonnerit que Marx ait dit que "c'est cela précisément le fait même de l'accumulation qui créé le marché où [la] production sera écoulée." Ca ressemble à ce que disait Jean-Baptiste Say.

    Un point intéressant : au cours de mes études, les livres de ma fac disaient que la grande cause à la fin des Trentes Glorieuses (grosso-modo 1945 - 1975) est la baisse de la consommation : les consommateurs sont de plus en plus "exigeants" et du coup des spécialités comme le marketing et la plannification stratégique sont nés (sans parler du recours à l'endettement) pour inciter cette consommation et survivre un marché de plus en plus instable.

    Si à ça on rajoute que la mondialisation s'est fortement développé depuis 1975 avec les privatisations et les désengagements de l'Etat, il me semble que le problème vienne peut-être de la consommation...

    Faudrait aussi commenter tout l'article.

    mondialiste

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  mondialiste on Tue Jun 03, 2008 5:00 am

    J'ai découvert RL avec le CCI mais il n'est pas du tout Luxemburgiste, du point politiquement. Ils sont beaucoup trop influencés par la gauche bordiguiste (à ce sujet voici un débat en anglais sur le forum : What is Luxemburgism?).
    D'accord que l'exemple du CCI montre que l'on peut être d'accord avec la théorie d'accumulation capitaliste de Luxemburg sans accepter ses idées politiques.

    C'est dans le tome 1 du Capital que Marx a démontré que le capitalisme pouvait fonctionner comme un système fermé; c'est même sa prémisse de base. Egalement dans les fameux schémas à la fin du tome 2. Pour une autre réfutation de l'erreur de Luxemburg sur cette question, voir la brochure de Pannekoek La théorie de l'écroulement du capitalisme à www.marxists.org/francais/pannekoek/works/1934/00/pannekoek_19340001.htm

    Par contre, ça m'étonnerit que Marx ait dit que "c'est cela précisément le fait même de l'accumulation qui créé le marché où [la] production sera écoulée." Ca ressemble à ce que disait Jean-Baptiste Say.
    Je ne peux parler pour le GLAT mais j'imagine qu'il voulait dire qu'en générale et à la longue l'accumulation crée son marché. Mais c'est pas dire (comme Say) que c'est vrai à tout moment et pour chaque produit. Par exemple, il peut y avoir des disproportionalités entre secteurs, et le fait que des capitalistes pouvaient acheter des produits ne veut dire quil le feraient: parfois ils préfèrent attendre parce que le taux de profit n'est pas assez élévé. D'où les crises cycliques (y compris, j'ajouterais, celle à la fin des soi-disant "Trente Glorieuses").

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  ElIndio on Wed Jun 04, 2008 6:27 am

    Je ne peux parler pour le GLAT mais j'imagine qu'il voulait dire qu'en générale et à la longue l'accumulation crée son marché. Mais c'est pas dire (comme Say) que c'est vrai à tout moment et pour chaque produit. Par exemple, il peut y avoir des disproportionalités entre secteurs, et le fait que des capitalistes pouvaient acheter des produits ne veut dire quil le feraient: parfois ils préfèrent attendre parce que le taux de profit n'est pas assez élévé. D'où les crises cycliques (y compris, j'ajouterais, celle à la fin des soi-disant "Trente Glorieuses").
    Pourquoi le taux de profit ne serait-il plus élevé depuis la fin des Trente Glorieuses? Les PIB nominal n'ont pas arrêté de croître (sauf incidents de parcours), si ma mémoire est bonne, mais à un rythme moins rapide. Par contre (selon le CCI) le PIB mondiale par personne s'est réduit.

    Quand on regarde que la part travailleurs-patrons des richesses est passée de + 10 % en faveur des profits, les capitalistes n'auraient rien à attendre : leurs profits sont plus élevés.

    our une autre réfutation de l'erreur de Luxemburg sur cette question, voir la brochure de Pannekoek La théorie de l'écroulement du capitalisme
    Je te remercie, je vais y jetter un coup d'oeuil dès que j'ai un peu de temps.

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  mondialiste on Thu Jun 05, 2008 12:29 am

    Pourquoi le taux de profit ne serait-il plus élevé depuis la fin des Trente Glorieuses? Les PIB nominal n'ont pas arrêté de croître (sauf incidents de parcours), si ma mémoire est bonne, mais à un rythme moins rapide. Par contre (selon le CCI) le PIB mondiale par personne s'est réduit.
    D'accord que l'accumulation du capital a continué après la fin, au milieu des années 70, des "Trente Glorieuses" -- une preuve, d'ailleurs, que la théorie de Luxemburg (ou plutôt cette théorie dans sa version CCI) est erronnée. Le CCI ne peut soutenir sa théorie qu'en niant les faits.

    Quand même, le taux d'accumulation s'est ralenti dans les dernières 30 ans ("Les Trente pas si glorieuses"?). Pourquoi? La Banque de France, dans un article intitulé "Le comportement d'investissement des entreprises est-il 'normal' ?" publié dans son Bulletin No 152 de 2006, a donné une explication assez intéressante http://www.banquedefrance.fr/fr/publications/telechar/bulletin/152focus.pdf

    Après avoir constaté que "en pourcentage du PIB, les profits des entreprises sont à leur plus haut niveau depuis des décennies", l'auteur pose la question "Mais que font les entreprises de ces profits" et répond:

    Premièrement, elles accumulent des liquidités considérables. Comme l'a souligné le FMI dans les dernières Perspectives de l'économie mondiale (WEO), les sociétés dégagent actuellement des excédents de liquidités massifs. Les actifs liquides représentent 9 % du total de leurs bilans, un niveau difficile à expliquer par un quelconque précédent historique ou une approche économique traditionnelle.
    Deuxièmement, elles redistribuent beaucoup d'argent aux actionnaires (...).
    Trosièmement, les entreprises se sont éngagées dans une activité intense de fusions et acquisitions, financés en partie par leur trésorie, mais également par recours à l'emprunt (...).
    En d'autres termes, elles n'investissent qu'une partie réduit de ces profits dans la production. La raison en est, je suggère, que le taux de profit n'est pas assez attirant. Donc, elles choissent de ne pas utiliser leurs profits d'acheter des nouveaux éléments de production. C'est une situation qui ne peut pas durer éternellement. Le "credit crunch" actuel, peut-être il en marque la fin?

    ElIndio

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  ElIndio on Thu Jun 05, 2008 2:45 am

    D'accord que l'accumulation du capital a continué après la fin, au milieu des années 70, des "Trente Glorieuses" -- une preuve, d'ailleurs, que la théorie de Luxemburg (ou plutôt cette théorie dans sa version CCI) est erronnée. Le CCI ne peut soutenir sa théorie qu'en niant les faits.
    Je ne pense pas que ceci contradise la théorie de RL mais si celle du CCI. Le CCI a des articles intéressants (je vais souvent sur leur site) mais ils ont des mauvaises conclusions. Ils se posent les bonnes questions, mais proposent des mauvaises réponses.

    Contrairement au CCI, je ne pense pas qu'il y ait une crise depuis la première guerre mondiale. Je pense qu'il y en a eu plusieurs effectivement, mais que "grâce" à la destruction des deux guerres mondiales, le capitalisme a réussi réaccumuler pendant les Trente Glorieuses et que depuis on essaie par tous les moyens d'augmenter la consommation (mondialisation accélérée, libéralisme partout, abattage des système de Sécurité sociale, démontage des lois protégeant les prolétaires...).

    Je ne suis pas du tout un spécialiste. J'essaie avec le peu de temps que j'ai d'apprendre le plus possible. Mais il me semble que RL a proposé une théorie (fausse ou correcte, je ne sais pas encore) qui est très intéressante aujourdh'ui.

    Le "credit crunch" actuel, peut-être il en marque la fin?
    J'aurais plutôt dit que le credit crunch était un effet des subprimes. Penses-tu que ce soit un problème plus sous-jacent?

    En effet, je crois qu'il y aura une grave crise du crédit. Celui-ci a été utilisée massivement... pour inciter à consommer. Problème de sous-consomation des marchés des regions développées?

    Actuellement, un camarade en accord avec RL, essaie d'analyser la Chine pour justement voir comment il peut avoit été une économie non capitalistes dont parlait Luxembourg qui permet aujourd'hui de pourvsuivre, coûte que coûte l'accumulation.

    Quand même, le taux d'accumulation s'est ralenti dans les dernières 30 ans ("Les Trente pas si glorieuses"?). Pourquoi? La Banque de France, dans un article intitulé "Le comportement d'investissement des entreprises est-il 'normal' ?" publié dans son Bulletin No 152 de 2006, a donné une explication assez intéressante http://www.banquedefrance.fr/fr/publications/telechar/bulletin/152focus.pdf
    Merci pour le lien, je vais y jeter un coup d'oeuil.

    mondialiste

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  mondialiste on Thu Jun 05, 2008 12:50 pm

    Actuellement, un camarade en accord avec RL, essaie d'analyser la Chine pour justement voir comment il peut avoit été une économie non capitalistes dont parlait Luxembourg qui permet aujourd'hui de pourvsuivre, coûte que coûte l'accumulation.
    La Chine aurait "une économie non capitaliste"? Que non! Même les dirigeants chinois eux-mêmes admettent que le capital et le capitalisme y existent. Luxemburg a bien compris que le socialisme serait une société non-marchande et non-échangiste. Dans L'accumulation du capital elle parle du socialisme dans ces termes:
    Représentons-nous pour un instant, au lieu du mode de production capitaliste, le mode de production socialiste, par conséquent une économie organisée, où la division du travail social a pris la place de l'échan­ge.
    et
    il n'y a pas ici production de marchandises, et par conséquent pas non plus d'échange, mais seulement division de travail social. (chapitre 7 "Analyse du schéma de la reproduction élargie de Marx" http://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1913/rl_accu_k_07.htm)
    C'est clair donc qu'elle n'aurait pas considéré l'économie de la Chine d'aujourd'hui comme "non capitaliste" mais, vu que la production et l'échange des marchandises (et le capital et le salariat) y existent, plutôt comme capitaliste.

    Ou peut-être le camarade analyse l'ancienne Chine précapitaliste?

    ElIndio

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  ElIndio on Thu Jun 05, 2008 1:55 pm

    Je me suis mal exprimé. En effet, la Chine est une économie capitaliste. Je parlais d'économie pré-capitaliste. L'idée ou plutôt l'hypothèse est que la Chine est devenue capitaliste avec le désengagement progressif (sûrement pas fini) de l'Etat. On analyse les secteurs non-capitalistes : secteur public et paysans de la Chine.

    Selon RL, ces secteurs permettent au capitalisme de progresser. Qu'en est-il dans la Chine contemporaine, alors qu'elle est devenue principalement capitaliste?

    Atreides

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  Atreides on Thu Jun 05, 2008 3:28 pm

    Ca fait longtemps que l'économie de la Chine est capitaliste : elle était capitaliste d'Etat sous Mao, et devient progressivement capitaliste de marché.

    Il y a un livre en français de 1972 qui montre bien cet état de fait : "Le Tigre de papier : sur le développement du capitalisme en Chine, 1949-1971" de Charles Reeve (publié chez Spartacus).

    Je suis en train de lire son nouveau livre, "China blues" (publié chez Verticales - Gallimard), fruit de 2 voyages en Chine. Le livre s'attache à comprendre la vie concrète du prolétariat chinois.

    mondialiste

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  mondialiste on Fri Jun 06, 2008 1:51 am

    Ca fait longtemps que l'économie de la Chine est capitaliste : elle était capitaliste d'Etat sous Mao, et devient progressivement capitaliste de marché.
    J'allais dire la même chose. Par "la Chine précapitaliste" j'ai voulu dire la Chine des Empereurs. Il est vrai que Mao était un peu empereur, mais un empereur capitaliste d'Etat avec les membres du Politburo comme ses mandarins.

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  mondialiste on Fri Jun 06, 2008 3:36 am

    Il y a un livre en français de 1972 qui montre bien cet état de fait : "Le Tigre de papier : sur le développement du capitalisme en Chine, 1949-1971" de Charles Reeve (publié chez Spartacus).
    En voici le sommaire publié au dos:
    La critique révolutionnaire se doit de constater que, quelles que soient les variations idéologiques, et quelle que soit la forme - privée ou étatique - de propriété du Capital, le salariat et la production marchande - le Capitalisme, régent sur TOUTE la planète.

    En Chine, depuis que le P. «C.» s'est emparé de l'Etat, l'histoire de la société n'a jamais cessé d'être l'histoire du processus d'accumulation de la plus-value expropriée aux producteurs et de leur lutte contre ce processus. Les événements politiques: Grand Bond en Avant, rupture avec le Capitalisme d'Etat russe, Révolution Culturelle, ne peuvent être compris en dehors de la lutte de classes qui oppose le prolétariat chinois et les gérants du Capitalisme d'Etat. De même les positions de la Nation chinoise dans le contexte mondial du Capital: le putsch Indonésien de 1965, la guerre du Vietnam, les contacts avec les Etats-Unis, l'aide a l'Etat Ceylanais pendant la révolte de 1971, ne peuvent etre séparées des problèmes d'accumulation du Capitalisme chinois. Les formes d'organisation sociale: communes, comités révolutionnaires, types de planification, ne sont que des tentatives pour accroître la productivité et l'exploitation des travailleurs. De leur faible réussite dépend en grande partie la relative stagnation de l'accumulation du capital. C'est cette stagnation qui fait du capitalisme chinois le véritable TIGRE DE PAPIER!

    Mais la centralisation et la concentration du capitalisme chinois sont en train de faire naître ses propres fossoyeurs: la croissance et la concentration, le développement de la classe salariée chinoise peuvent changer le rapport Capital-Proletariat au niveau mondial.
    Et le texte d'un tract de 1979 dans le même sens:
    CONTRE LE CAPITALISME D'ETAT : AUTONOMIE OUVRIERE !

    Depuis la soi-disant révolution de 1949, simple aménagement étatique du capitalisme chinois, dans une phase générale de reconstruction du système suivant la deuxième guerre mondiale, la Chine a pris la forme d'un capitalisme d'Etat comme la Russie une trentaine d'années auparavant. Le soi-disant socialisme de MAO TSE TOUNG s'est toujours nourri de l'exploitation salariée des travailleurs chinois, la volonté de conquérir une place sur le marché mondial et du désir de devenir une puissance impérialiste dans le continent asiatique : campagne des 100 fleurs, grand bond en avant, « révolution culturelle », jusqu'aux fameuses « quatre modernisations » ne sont donc que des tentatives du capitalisme chinois pour sortir de son sous-développement chronique, de la poudre aux yeux destinée à masquer les conflits internes entre fractions rivales, le mécontentement des travailleurs : en un mot, comment faire bosser mieux et davantage le prolétariat!

    La Chine ne constitue donc pas un cas particulier, une exception où la lutte anti-capitaliste devrait avoir un contenu différent et original. Ce n'est pas un hasard si se sont justement ceux qui ont compris qu'en Chine il n'y avait pas d'autres luttes à mener contre le parti d'Etat, qui sont victimes de la répression étatique. En Chine, comme ailleurs, les prolétaires doivent prendre eux-mêmes leurs luttes en charge, en se situant dans la perspective de l'abolition du salariat et de l'économie marchande, de la destruction de l'Etat. Ils doivent lutter de façon autonome, en se donnant leurs propres organisations, en dehors et contre les partis, les syndicats ou tout organisme voulant se substituer au prolétariat.

    Solidarité avec nos camarades chinois emprisonnés!
    A bas la mystification démocratique visant à détourner les prolétaires chinois de leur terrain de classe !
    Contre le capitalisme d'Etat chinois : autonomie ouvrière pour l'abolition du salariat et de l'économie marchande, pour la communauté humaine mondiale !

    ORGANISATION COMMUNISTE LIBERTAIRE (R.P.) 33, rue des Vignoles, 75020 Paris
    POUR UNE INTERVENTION COMMUNISTE C/o Librairie Parallele, 47 rue St-Honore 75001 Paris
    DES COMMUNISTES LIBERTAIRES CHINOIS
    Je ne crois pas que ces groupes existent toujours.

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  Atreides on Mon Jun 09, 2008 2:50 am

    L'OCL existe toujours, et publie régulièrement la revue "Courant Alternatif". Ils viennent de sortir un numéro spécial mai 68 qui est pas mal du tout (avec le groupe Offensive Libertaire et Sociale - OLS).

    S'il est évident que l'économie de la Chine est capitaliste, il faut quand même noter que la répartition des actifs reste assez archaïque : 40% travaillent dans l'agriculture (j'ai trouvé une autre statistique, pour 2003, qui donne : 46 % secteur primaire, 18 % secteur secondaire, et 36 % secteur tertiaire).

    Il est évident que le passage d'une agriculture de petits domaines familiaux, où seuls travaillent les membres de la famille, à des domaines beaucoup plus vastes cultivés par des ouvriers agricoles, ce n'est pas anodin.

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  mondialiste on Mon Jun 09, 2008 3:24 am

    Je sais que l'OCL existe toujours, mais l'OCL(RP) de 1979, était-elle la même que l'OCL d'aujourd'hui (et d'alors) ou une scission?

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

    Post  Atreides on Mon Jun 09, 2008 6:57 am

    OCL(RP) ça désigne la fédération (ou le groupe) de l'OCL en Région Parisienne.

    Il y a bien eu 2 OCL, mais là il s'agit bien de la même que celle qui existe aujourd'hui.

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    Re: Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème

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