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    Les origines révolutionnaires du 8 mars, journée internationale des femmes

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    ElIndio

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    Group : Réseau Luxemburgiste International/International Luxemburgit Network
    Website : luxemburgism.lautre.net
    Registration date : 2008-04-16

    Les origines révolutionnaires du 8 mars, journée internationale des femmes

    Post  ElIndio on Mon Mar 08, 2010 4:06 pm

    "Les femmes n’ont pas plus à compter sur les hommes que les travailleurs n’ont à compter sur la bourgeoisie."

    Benoîte Groult et Auguste Bebel

    L’actualité récente en France a été marquée par plusieurs faits divers qui auraient été passés inaperçus, si un enfant n’aurait pas été enlevé dans l’un de ces cas [1]. Alors que tout est fait pour nous faire peur des « jeunes », des « étrangers », surtout à l’approche d’échéances électorales comme celles des prochaines élections régionales la semaine prochaine, peu est dit sur la violence subie par les femmes. Pourtant, selon un rapport récemment publié par Amnesty International [2], 156 femmes sont décédées à la suite de violences de leurs (ex-)compagnons en France, soit une mort tous les 2 jours et demi. A ce chiffre doivent aussi être rajoutés toutes les autres agressions, tels que le harcèlement ou le viol, ainsi que la discrimination faite aux femmes dans les entreprises [3].

    Ce genre de situation est loin d’être isolée dans le monde et, malheureusement, bien souvent, les femmes se retrouvent encore victimes des faits encore plus graves ailleurs dans ce monde (mariages forcés, lapidations, lynchages...). Ce 8 mars 2010 est donc l’occasion de se mobiliser pour cette moitié de l’Humanité, souvent reléguée aux fourneaux ou affiches d’icônes plastifiées. C’est aussi l’opportunité de revenir sur l’histoire même de cette date, où se mêlent idéaux révolutionnaires, luttes et féminisme.

    Cette journée nous ramène aux révolutionnaires européennes du début du XXe siècle. Le 8 mars 1910, il y a de ça 100 ans, jour pour jour, se réunissaient des femmes socialistes dans une conférence internationale à Copenhague. Sur proposition de Clara Zetkin, déléguée du parti socialiste allemand, l’idée de création d’une journée internationale des femmes fut approuvée. Elle s’inscrirait dans la lutte pour l’égalité entre hommes et femmes (et donc aussi pour le droit de vote de ces dernières) et pour le socialisme.

    Initialement, aucune date précise n’avait été retenue mais peu à peu celle-ci aller se définir d’elle-même.

    Le même jour de l’année suivante, des manifestations dans différents pays d’Europe menèrent 1 millions de personnes dans la rue. Les mobilisations continuèrent, toujours le même jour, pendant les années qui suivirent, en revendiquant en plus la paix dans un monde qui allait bientôt sombrer dans la barbarie de la première guerre mondiale. C’est justement, de cette pénombre qui sortit le plus grand éclat.

    Le 8 mars 1917, peu après que des grèves spontanées éclatèrent à Petrograd, dans cette même ville sortirent dans la rue avec comme mots d’ordre du pain et de la paix. Les ouvrières les rejoignirent, vint ensuite la grève générale, les revendications contre l’autocratie et pour la République... Alors que les dirigeants bolcheviks sous-estimèrent le processus spontané des travailleurs, la Révolution était bien là et le Tsarisme s’écroula le 15 mars.

    Cette mobilisation des femmes ayant joué un rôle important dans la Révolution de février, la date devint, sous Lénine, la journée des droits de la femme. En 1946, sous le joug stalinien, les pays d’Europe de l’Est célébrèrent cette journée. A l’Ouest, il faudra attendre les mouvements féministes des années 70 et son officialisation en 1977 par les Nations Unies, afin d’avoir l’actuelle journée internationale des femmes.

    Il serait faux de voir sur ce siècle de luttes comme quelque chose du passé, dont la résolution fut un "happy end". Ce serait suivre la même logique que le système en place a rebaptisé la "journée internationale des travailleurs », marquée elle aussi par des larmes et du sang, "Fête du travail" ! [4] A l’heure de la montée du fondamentalisme, de la surconsommation dopée par une dictature des apparences et de la recherche d’une beauté dénaturée par un machisme d’un autre temps, il faut bien faire le lien entre le sexisme et le capitalisme.

    Le capitalisme, en tant que système de castes des temps modernes, repose sur la division en classes de la société, qu’il se cache derrière le masque d’une pseudo-démocratie de technocrates ou qu’il affiche ouvertement son autoritarisme. D’un côté nous avons les bourgeois, propriétaires des moyens de production, qui s’enrichissent sur le dos de ceux qui n’ont que leur travail comme bien, c’est-à-dire les prolétaires. Les premiers s’enrichissent aux dépens des seconds. C’est cette même logique qui est appliquée pour diviser l’Humanité entre dirigeants et dirigés, entre riches et pauvres, entre étrangers et citoyens, entre musulmans et juifs... et entre hommes et femmes.

    Le socialisme révolutionnaire, en tant qu’anti-thèse du capitalisme, sera nécessairement un combat contre toutes ces séparations inhérentes aux sociétés de classes. Notre opposition au système ne peut exister qu’à travers la luttes simultanées contre les patrons, les leaders, les exploiteurs, les xénophobes, les fondamentalistes et les sexistes. L’émancipation humaine ne pourra être atteinte qu’une fois ces piliers soient tous mis à terre.

    Avec cette date, le Luxembourgisme peut également se rappeler avec fierté que Clara Zetkin fut l’une de ses militantes, membre de l’aile gauche du SPD allemand mais aussi l’une des spartakistes qui s’opposa à la barbarie capitaliste de 14 – 18, qui participa à la fondation du parti communiste allemand (KPD), qui en tant que doyenne des députés dénonça le nazisme dans le Reichstag dominé par l’extrême-droite... et qui contribua beaucoup aux combats du féminisme, posant comme principe fondamental l’égalité entre les Hommes, essence même du socialisme révolutionnaire.

    "Le socialisme ne pourra être victorieux qu’avec la femme prolétaire"

    Clara Zetkin

    [1] En France, un dispositif d’alerte est mis en place dans les médias dans des cas d’enlèvements de mineurs. A la mi-février, une femme était retrouvée assassinée après avoir reçu plusieurs coups de couteau. Son agresseur, son ex-compagnon, avait ensuite enlevé leur enfant, déclenchant ainsi la procédure. L’enfant fut retrouvé sain et sauf, mais orphelin d’une mère.

    [2] Amnesty International, Lutte contre les violences faites aux femmes en France : l’État doit mieux faire, Rapport 2010 disponible en ligne sur : http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/s_informer/actualites/la_politique_de_lutte_contre_les_violences_faites_aux_femmes_en_france_doit_etre_ambitieuse

    [3] Justement, la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité (Halde) a commandé un sondage pour la journée du 8 mars 2010, où l’on apprent que "34 % des femmes estiment avoir été victimes de discriminations au travail en raison de leur sexe", notamment en raison de leurs grossesses.

    [4] Pourquoi ne pas appeler la journée de la femme "Fête du plumeau et du rouleau à pâtisserie" tant qu’on y est ?

    "Inti" pour le Réseau Luxembourgiste International

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